Juste de retour d’Andalousie, chargé à bloc par le soleil,
la mer, les tapas, les paysages etc. etc. !
Nous partîmes deux et nous revînmes deux. Ouf, 0% de pertes.
Le premier jour fut un jour de réjouissance : louez une belle voiture
toutes options à deux pauvres et les v’là contents. En l’espèce
: Opel Mériva. Sympa mais je ne m’éterniserai pas sur notre
destrier.

La
première chose qui nous frappa lorsque nous mîmes nos petons sur
le tarmac ne fut pas le soleil mais le vent. Vent chaud. Le soleil ne tarda
pas à montrer le bout de son nez. Bien.
Ensuite, tout ivres de libertés, nous nous dirigeâmes vers Jerez.
Nous nous perdîmes dans Jerez plutôt. Finalement on a bien réussi
à trouver notre premier bar à tapas, on s’est posé
et ce fut là que la nourriture commença à couler. A flots.
Nous
n’avons pas vraiment visité Jerez, c’était plutôt
notre ville d’arrivée point barre. Aussi nous mîmes le cap
sur Cadiz. Une assez belle ville à mes yeux de néophyte de l’Andalousie.
Très ventilée mais il y avait l’océan, de belles
jetées, un beau parc et des petites rues bordées d’orangers
et pleines d’Espagnols bruyants. Bon début.
Nous trouvâmes notre première auberge facilement, et même,
à grand renfort de -o, de -a et de gesticulations, nous parvînmes
à obtenir exactement ce que nous voulions.

Le
lendemain nous prîmes la direction de Tarifa. La ville
la plus au Sud et donc la plus proche du Maroc de l’Espagne. Splendide.
Rues étroites et pavées (très intéressant de conduire
là-dedans d’ailleurs – je crois que c’est son instinct
de survie qui a sauvé notre Mériva.)
Donc : de nouveaux paysages à admirer, de nouvelles rues à arpenter,
de nouvelles aventures culinaires sur lesquelles se jeter. Nous titillâmes
même l’idée de prendre le bateau pour une journée
au Maroc. Je n’avais pas de passeport. Dommage.
Notre seconde journée à Tarifa fut… pluvieuse ! Du coup
nous nous réfugiâmes dans… un autre bar à tapas pendant
un moment et nous décidâmes à contre cœur de partir…
Sans avoir pris les belles photos que les rues blanches, les maisons arabes
et le Maroc dessiné au loin nous promettaient…

Nous
voilà donc en route pour Gibraltar… Un gros rocher
difficile d’accès puisque les autorités espagnoles mettent
des bâtons dans les roues aux gens qui veulent passer la frontière.
Dans un sens comme dans l’autre. Selon notre guide c’est le moyen
de l’Espagne de punir Gibraltar quand ils sont polissons. Réussi
puisque nous avons dû faire la queue pendant un bon moment, tels des anglais
devant un arrêt d’autobus. Sauf que nous étions dans une
voiture donc la comparaison s’arrête là.
Alors ma première impression sur la ville de Gibraltar fut que ça
ressemble à Annecy. Hé oui. A mon avis les deux villes ont secrètement
partagé un architecte. Des maisons de trois, quatre étages, avec
des tout petits balcons, le crépi ocre… Bref, de toutes façons
la ville de Gibraltar n’est pas très intéressante si ce
n’est que c’est un îlot britannique au milieu des Espagnols,
c’est surtout le rocher qui est assez original. Nous prîmes le téléphérique
pour arriver à son sommet. Comité d’accueil assez poilu
: le rocher de Gibraltar est le seul endroit en Europe continentale où
des singes vivent en liberté. Regardez les photos,
ces petits malins se sentent bien à l’aise parmi les hommes et
il n’hésitent pas à chopper les sacs des touristes pour
y trouver des trésors tels un paquet de chips on une pomme. Ils sont
une présence rigolote. Mignons mais en même temps on s’en
méfie un peu parce qu’ils peuvent vous sauter dessus à tout
moment. L’un deux traumatisa une fillette américaine en lui volant
des chips (justement). Je crois que plus tard elle aura un problème avec
les hommes poilus. Ou alors elle se sentira reconnaissante et attirée
vers eux parce que grâce à ce singe elle aura été
dégouttée à vie des chips et qu’à la différence
de ses sœurs elle sera restée mince. Qui sait. La vie nous joue
d’ces tours des fois…
En tous cas nous redescendîmes le rocher à pieds pour admirer la
vue sur la ville un peu plus. Malheureusement d’habitude on peut voir
l’océan et le Maroc du haut du rocher, côté Sud, mais
comme c’était toujours la journée pluvieuse qui avait commencée
à Tarifa, il y avait du brouillard et on ne voyait absolument RIEN.
Finalement nous quittâmes la ville, heureux car Laetitia avait acheté
des cigarettes à £8.00 la cartouche.
Après avoir attendu une heure à la frontière (de quoi me
faire sentir un brin claustrophobe sur ce caillou) et quitté le «
pays » via la piste d’aéroport que la route coupe perpendiculairement
et au son de « Canal Fiesta », la radio qui nous accompagna tout
le voyage, nous nous dirigeâmes résolument vers notre prochaine
étape : Malaga.

Nous
arrivâmes assez tard mais malgré la taille de la ville nous ne
gallérâmes (hé oui) pas trop pour trouver notre auberge.
Auberge située au quatrième étage d’un bâtiment
historique du centre ville, occupé principalement par des bureaux. Très
chouette. D’ailleurs j’ai adoré Malaga. Grande ville cosmopolite,
le centre ville est beau, clair, aéré et architectural. Il y a
aussi un grand port qui assure un côté craignos-mais-sympa à
certains quartiers de la ville. La voiture n’eut pas l’air de s’en
inquiéter. Ah, notre auberge était très propre. Elle était
aussi tenue par des témoins de Jéhovah (qui ont pourtant eu l’air
d’être préoccupés par la mort de JP2).
Nous passâmes deux nuits parmi les dits témoins. Nous prîmes
le temps d’aller nous baigner à la plage, de visiter le musée
Picasso ainsi que l’ancienne citadelle à l’ouest de la ville.
Plein de jolies vieilles pierres et de belles vues sur les montagnes qui se
dessinaient au nord.
Ce fut d’ailleurs l’appel du grand nord auquel nous répondîmes
la journée suivante : Grenade.

Là
encore nous eûmes beaucoup de chance puisque après nous êtres
garés nous demandâmes à une vieille dame si nous étions
« sur cette carte » en lui tendant notre plan. Non seulement nous
étions près de notre auberge et de l’Alhambra mais elle
nous répondit avec un enthousiasme rare que nous avions de la chance
de nous être garés là parce que tout était accessible
et que le parking est d’habitude si cher à Grenade, etc. Elle était
top cette vieille dame, nous la kiffâmes trop !!!! Olé !!!
Nous trouvâmes donc l’auberge : toute neuve et tenue par une dame
(une autre, il y en a plein à Grenade), par une dame, donc, qui parlait
un français impeccable et qui nous briefa sur les choses à faire
à Grenade.
Nous nous perdîmes dans le quartier arabe, bûmes du thé à
la menthe, visitâmes quelques échoppes remplies de poufs, services
à thé, lampes à huiles, narguilé, bref : nous profitâmes
(pfff… Ca devient lourd ce passé simple… Je me suis juste
dit que je devrais essayer de l’utiliser un peu pour ne pas perdre la
main… mais ça devient limite pénible ! Vous comprenez toujours
vous ?), je reprends : nous profitâmes du mélange des cultures
propre à Grenade.
Le soir à 23h, avec quelques personnes de l’auberge, nous nous
fîmes guider par un monsieur du coin vers une source thermale à
1/2 h hors de la ville. C’était excellent !!! En pleine nuit, dans
une sorte d’étang naturel on s’est baignés pendant
des heures dans cette eau brûlante — et qui puait un peu l’œuf
pourri, il faut bien dire ce qui est.
Le lendemain nous visitâmes l’Alhambra. Une sorte de… euh…
complexe de palais, forts et citadelles… Tour à tour occupé
par des Maures, des catholiques, Charles-Quint… et bien entendu l’architecture
s’en ressent. LA perle de Grenade avec une mention spéciale pour
le palais arabe. Je crois qu’à part quand j’ai eu le malheur
de passer quelques jours à Hong Kong, j’ai rarement été
aussi dépaysé. Pas de la même façon bien entendu.
Le palais n’était que moulures, jardins et raffinement… Pas
de quoi trop pavoiser avec nos cathédrales j’ai trouvé.
J’ai de plus en plus envie d’aller visiter quelques coins en Afrique
!
Nous
passâmes deux nuits à Grenade, histoire de bien profiter de la
ville et d’avoir l’occasion de trainâsser un peu. Après
tout nous étions en vacances.
Devrais-je mentionner l’Américain qui a rejoint notre dortoir la
dernière nuit ? 19 ans, ses préoccupations principales étaient
: qu’on lui tape dessus à la Fight Club et l’alcool puisqu’il
n’a pas le droit de boire dans son pays. Bon, pour nous le «Venez
tous ! J’ai de l’alcool ! » marchait moyen. Cependant lui
a du y trouver son compte parce que vers 4 heures du matin il se fit une grande
joie de nous montrer ce qu’il avait ingurgité en transvasant tout
depuis son estomac jusque dans la cuvette des toilettes. Nous reconnûmes
une chose : les Américains savent viser / nettoyer, il ne restait aucune
trace le lendemain au réveil.

Finalement,
après avoir bien bien profité de l’ambiance hippies + gitans
+ dreadlocks, nous prîmes le volant et nous dirigeâmes vers Almeria,
malheureusement notre destination finale.
Nous mîmes la main sur la pension en un rien de temps et nous voilà
partis. En fait nous ne fîmes que lécher quelques vitrines et siroter
quelques jus d’orange cet après-midi là. Sous le soleil
et le vent. Après-midi très relaxe qui se solda par un coucher
très tôt. Encore tout fatigués que nous étions d’avoir
passé deux nuits en auberge de jeunesse. C’est très sympa
mais on ne dort pas. Si j’avais eu deux semaines pour récupérer
après le voyage, je n’aurais fait que ça !
Et tout ça nous emmène finalement à notre dernière journée. Après un nième petit déjeuner bien bien bon à l’espagnole nous visitâmes la citadelle de la ville. L’Alcazaba. Une sorte d’Alhambra moins glorieuse et néanmoins sympathique. Belles vues sur la ville et la mer. Pour être honnête, on avait déjà vu ça dans presque chaque ville qu’on avait visitée avant mais diantre… Nous n’allions pas vexer les habitants d’Almeria qui sont si sympathiques quand même !!! Oui, je dis sympathiques parce que le matin même nous étions retournés à la voiture… Garée le long d’une ligne vert qui selon nous voulait dire « no hay problema ! Garez-vous, c’est gratos ! » Que nenni ! En fait ça voulait dire : garez vous SI vous avez un permis de résidents. Bienheureux autant qu’ignorants, nous ne nous doutions de rien. Nous nous fîmes donc bien attraper lorsque nous trouvâmes DEUX contraventions n’attendant que trop sagement sur le pare-brise de notre belle auto. Ni une ni deux : nous pestâmes et maudîmes cette ville qui ne pouvait même pas se payer des panneaux pour dire aux gens qu’ils n’avaient pas le droit de se garer ! Armés de nos dents et de nos recherches dans le dictionnaire de Laetitia (No hay siña !) nous nous dirigeâmes vers la mairie où nous fûmes reçus par un monsieur qui regarda nos petits bouts de papiers et éructa de longues explications sur le fait que (je crois) les contraventions étaient données par un autre organisme que la police et qu’en gros si on ne les payait pas, personne ne s’en souciait. Sur ce il déchira les deux contraventions se remit à attendre les prochains clients. D’où notre reconnaissance à Almeria et à ses employés municipaux.
Nous finîmes notre séjour très sagement, en sirotant un verre au café de l’aéroport et en attendant notre avion, le cœur serré.

Bilan des vacances
Note
pour le transport : 18/20
Note pour le logement : 16/20
Note pour le temps : 14/20
Note pour la nourriture : 19/20
Note pour tout le reste : 18/20
Note globale : 17/20, soit un très bon voyage ! :-)